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Quelles sont les conditions de travail des intérimaires ?

En mai et juin, la CSC a envoyé une enquête à une série de travailleurs qui ont principalement travaillé en tant qu’intérimaires au cours de l’année précédente. Plus de deux mille travailleurs intérimaires ont complété l’enquête. Cette enquête réalisée en  collaboration avec le HIVA KU Leuven donne un aperçu réaliste sur les conditions de travail d'un intérimaire en  Belgique. 

Le profil du travailleur intérimaire 

75% des intérimaires ont un diplôme de l’enseignement primaire ou secondaire. Seuls 6% des répondants ont un diplôme de master. La majorité des intérimaires (presque 60%) ont moins de 35 ans. Plus les intérimaires sont âgés, moins leur diplôme est élevé. On peut en déduire que lorsque des travailleurs plus âgés avec un diplôme peu élevé se retrouvent au chômage, ils ont plus de chances de devoir travailler comme intérimaires. Les travailleurs hautement qualifiés trouvent plus souvent un emploi fixe et travaillent surtout comme intérimaires pendant les premières années de leur carrière.   
Plus de 70% des répondants ont travaillé plus de 6 mois comme intérimaires l’an dernier. On voit ainsi que de nombreux intérimaires restent pendant très longtemps dans un statut précaire. Au départ, la personne ne sait souvent pas combien de temps va durer cet emploi précaire. Il est fréquent que des intérimaires acceptent un intérim en ne sachant pas combien de temps ils pourront exercer cet emploi. Bon gré mal gré, ils se construisent ensuite une véritable carrière d’intérimaire à travers une succession de contrats journaliers et hebdomadaires.
Le secteur intérimaire occupe aussi bien des ouvriers que des employés. Au niveau des ouvriers, le groupe le plus important travaille comme opérateur de machine ou ouvrier dans la construction. Les employés occupent souvent une fonction de collaborateur administratif ou de comptable.

Les facteurs motivant le travail intérimaire

Quatre grandes raisons motivent une personne à travailler comme intérimaire. Le plus grand groupe d’intérimaires fait ce travail par nécessité. Pratiquement 40% des intérimaires répondent qu’ils travaillent comme intérimaires parce qu’ils ne trouvent pas d’autre travail et que l’intérim leur garantit quand même un revenu. 
D’autre part, pratiquement un tiers des intérimaires espèrent ainsi trouver un emploi fixe. Ils espèrent qu’après une période d’intérim, ils pourront continuer à travailler dans l’entreprise avec un contrat à durée indéterminée. 
Un troisième motif, un peu moins fréquent, pour travailler comme intérimaire est la recherche d’un emploi stable approprié. Il s’agit en fait d’une double motivation: ce groupe de personnes considère l’intérim comme une étape vers un emploi stable d’une part et, d’autre part, comme une possibilité d’acquérir de l’expérience, de développer des connaissances et des compétences et de se familiariser avec les entreprises.   
La quatrième raison est la flexibilité. C’est le motif invoqué par un intérimaire sur dix. Ces personnes estiment que le travail intérimaire leur laisse une certaine liberté et considèrent l’absence d’engagement à long terme comme un avantage. Dans ce groupe, on trouve aussi des personnes qui travaillent comme intérimaires à titre accessoire, le week-end dans l’horeca par exemple. 

Des contrats courts et instables

70% des intérimaires travaillent avec des contrats hebdomadaires, 22% avec des contrats journaliers. Cela signifie que seule une petite minorité bénéficie d’un contrat de plus longue durée.

C’est une situation que la CSC juge inacceptable. De très nombreux employeurs savent qu’ils ont du travail pour un nombre déterminé de semaines ou de mois. Les travailleurs intérimaires bénéficieraient de beaucoup plus de sécurité si on leur octroyait des contrats pour une plus longue durée. Ils auraient moins de stress par rapport à leur capacité à payer leurs factures pendant les premiers mois (loyer, emprunts…). 
Ce n’est pas une revendication déraisonnable. L’enquête montre en effet que, dans 64% des cas, la mission d’intérim a duré plus de 6 mois. 64% des travailleurs ont donc traversé cette période de plus de six mois avec des contrats journaliers et hebdomadaires, synonymes d’une grande insécurité. Un tiers des répondants signalent même qu’ils travaillent depuis plus d’un an pour la même firme utilisatrice. Pour une minorité, 11%, l’occupation dure depuis plus de deux ans. À l’avenir, nous devrons tenter d’obtenir un changement de la législation. Elle devrait obliger les employeurs  à octroyer automatiquement un contrat à durée indéterminée aux intérimaires qui sont en service depuis longtemps. Ces derniers bénéficieraient ainsi d’une plus grande sécurité, ainsi que d’une indemnité de préavis correcte,  d’une meilleure assistance en cas de maladie, d’un système d’ancienneté…

Le travailleur intérimaire spécialiste du last minute


Plus d’un tiers des intérimaires ne savent que la veille ou le jour même s’ils peuvent travailler. On exige donc énormément de flexibilité de la part des intérimaires. 

Les qualifications du travailleur intérimaire

Les intérimaires ont des profils très différents. De nombreux intérimaires ont une formation de niveau supérieur et un diplôme spécifique. D’autres ont un diplôme plus général. Et d’autres encore ont un diplôme de faible niveau. Toutefois, la qualification du travailleur intérimaire ne change souvent pas grand-chose. Un peu plus d’un tiers des intérimaires déclarent travailler en-dessous de leur niveau. 46% des intérimaires estiment aussi que leur mission d’intérim ne leur donne guère ou pas du tout la possibilité d’utiliser leurs compétences.
D’autre part, le niveau de qualification est également lié au type de travailleur intérimaire. Le travailleur flexible est celui qui occupe le moins souvent un emploi en-dessous de son niveau, suivi par celui qui travaille comme intérimaire par nécessité. Parmi les intérimaires pour qui ce travail est un moyen de trouver un emploi fixe, presque la moitié (48%) reconnait travailler en-dessous de son niveau. Ces personnes recherchent un emploi, mais exercent en fait un emploi qui ne correspond pas ou pas suffisamment à leur profil ou leur formation.

Les entreprises d’intérim mentent-elles à leurs intérimaires?

46 % des intérimaires ont déclaré dans cette enquête que les agences d’intérim utilisent de fausses offres d’emploi pour attirer de nouveaux candidats intérimaires et ainsi compléter leurs bases de données. Parmi les 1.406 intérimaires qui sont de cet avis, au moins 74 % pensent que ces agences d’intérim diffusent souvent ou parfois de fausses offres d’emploi.
Ce chiffre nous interpelle d’autant plus que les firmes d’intérim se vantent souvent d’être «la porte d’entrée» vers l’emploi fixe. La législation interdit le recours à ces fausses offres d’emploi. Il nous faudra donc être vigilants pour faire appliquer la loi et éventuellement contraindre les agences d’intérim à la respecter.
Les agences d’intérim agissent également en contradiction avec la loi en matière de sécurité et de bien-être  au travail.
30% des intérimaires n’ont pas reçu de formation  à  leur entrée en fonction, 50 % des intérimaires n’ont pas été remboursés de leurs frais de déplacement  pour passer leur examen de santé, etc.
Par ailleurs, on constate que, lorsque les agences d’intérim se substituent aux employeurs utilisateurs pour fournir les équipements de protection individuelle (EPI), dans 38% des cas, les firmes d’intérim exigent une caution. Lorsque c’est l’entreprise utilisatrice qui fournit les EPI, une caution n’est demandée que dans 9% des cas. Dans les deux cas, ces cautions ne peuvent pas être demandées et sont en flagrante contradiction avec l’arrêté royal du 15/12/2010 qui régit la sécurité et le bien être des intérimaires.

Les perspectives d’avenir du travailleur intérimaire

57% des intérimaires ont la perspective d’un contrat. On leur promet que, s’ils travaillent bien et longtemps comme intérimaires, ils recevront un contrat fixe. Seuls 35% d’entre eux reçoivent finalement une proposition d’engagement. Les possibilités d’engagement ne concernent pas de la même manière les hommes et les femmes. Presque 4 hommes sur 10 se voient offrir un emploi, alors que ce n’est le cas que pour 31% des femmes. Pour ce groupe de gens qui reçoivent une proposition d’engagement, ce sont les hommes qui se voient plus fréquemment proposer un emploi à temps plein, les femmes un emploi à temps partiel.

Proposition d’engagement selon le sexe:

Quelques conclusions de l’enquête

  • La promesse d’emploi concerne surtout les intérimaires avec un diplôme de l’enseignement secondaire ou les bacheliers
  • 80% de ceux qui n’ont pas suivi l’enseignement supérieur restent intérimaires plus d’un an
  • Moins de la moitié des intérimaires qui travaillent depuis plus de 3 ans ont la perspective d’un emploi fixe
  • C’est dans les secteurs de la construction et de l’industrie que l’on a le plus de chances d’évoluer vers un emploi fixe, avec une exception pour la (pétro-)chimie et l’industrie du verre. L’horeca et le non-marchand offrent les perspectives d’avenir les plus faibles.  

La flexibilité de l’intérimaire est-elle récompensée? 

Non. Le salaire moyen d’un intérimaire est inférieur d’environ 22% au salaire moyen résultant du baromètre salarial de la CSC (enquête ‘Tout sur mon salaire’). C’est surtout au niveau des travailleurs âgés qu’il y a une grande différence entre le salaire que gagne un intérimaire et ce qu’il pourrait gagner avec un contrat fixe. En plus d’un salaire moyen moins élevé, les intérimaires ont moins accès aux avantages extra-légaux. Pas mal d’intérimaires reçoivent des chèques-repas, mais c’est souvent le seul bonus qui s’ajoute à leur salaire. Les répondants soulignent également qu’ils doivent souvent contrôler leur fiche salariale très minutieusement. Il arrive parfois qu’ils ne soient pas payés pour les jours fériés, les heures supplémentaires… C’est évidemment tout bénéfice pour l’agence d’intérim qui doit payer les salaires.  

Les  intérimaires sont conscients des très nombreux inconvénients de leur statut… 

Mais ils ne sont pas tous insatisfaits. Un élément positif mis en avant par l’enquête est qu’en fin de compte, 63% des intérimaires sont satisfaits de leur dernière mission d’intérim. Cette satisfaction est étroitement liée à leurs collègues et leurs conditions de travail, ainsi qu’à leur salaire. On peut donc dire qu’une majorité d’intérimaires sont satisfaits d’avoir un emploi et ne se plaignent pas de leurs conditions de travail. Des aspects qui influencent plus négativement la satisfaction sont la position sur le marché de l’emploi et la sécurité d’emploi. Il s’agit là d’éléments de mécontentement pour les intérimaires. Nous pouvons donc en conclure que la sécurité d’emploi pèse lourdement mais que, dans de nombreux cas, elle est heureusement compensée par une bonne ambiance de travail. 

Télécharger l'enquête HIVA

Ce rapport présente les principaux résultats d’une étude sur les conditions d'emploi et les conditions de travail des intérimaires. Cette étude a été menée par HIVA-KU Leuven à la demande de la CSC. L’objectif de cette étude était d’identifier les conditions de travail de ces intérimaires. Elle portait sur des aspects tels que le temps de travail, les contrats, la rémunération, la sécurité et la santé au travail, la satisfaction, etc. De plus, il a été procédé à une brève évaluation des agences d’intérim et de leur fonctionnement.