Le congrès bruxellois

Congrès bruxellois
Le 18 avril 2013 était un jour historique pour la CSC bruxelloise, alias le Comité régional bruxellois de la CSC (CRB): elle organisait son premier congrès. Près de 200 militants et permanents ont répondu à l’invitation. Depuis le mois d’octobre, ils ont travaillé, dans leur section locale, dans leur groupe spécifique ou leur centrale syndicale pour analyser les propositions de lignes de force et y apporter des amendements. Deux assemblées les ont réunis. Et, ce jour de congrès, ils devaient encore apporter les dernières modifications aux lignes de force et les adopter.
Au cœur du congrès, il y avait un thème crucial: «Un emploi de qualité pour tous et toutes à Bruxelles.» «Parler d’emplois de qualité pour tous dans une Région qui connaît le taux de chômage  le plus élevé du pays, ce n’est pas anodin, souligne Myriam Gérard, secrétaire régionale de la CSC-Bruxelles dans son discours introductif. Nous vivons dans une capitale nationale et internationale où plus de la moitié de la population est  d’origine étrangère, où plus de 150 langues sont parlées et où les écoles et les CPAS peinent à suivre. Une de ses caractéristiques, c’est celle d’un marché du travail extrêmement discriminant, qui refuse de laisser ses chances aux jeunes Bruxellois en particulier d’origine étrangère, même s’ils sont diplômés. Ceux-ci sont obligés d’accepter des boulots en dessous de leur qualification, ce qui réduit d’autant les chances de ceux qui sont peu qualifiés. La Belgique est après la Suède et l’Autriche le pire élève de l’Europe.»
Comment remédier au taux de chômage le plus important en Belgique, à la précarité de l’emploi, aux inégalités des conditions de travail, aux effets du travail sur la santé? Comment répartir le travail entre ceux qui en ont trop et ceux qui n’en n’ont pas, mettre fin aux  discriminations au travail, améliorer l’enseignement, la formation et les stages, donner des perspectives d’avenir et de reconnaissance des jeunes…? Tous ces thèmes et bien d’autres ont été discutés lors de débats passionnés et constructifs. Ils ont donné lieu à l’écriture de 54 lignes de force et à 13 résolutions d’actualité adoptées à main levée lors de votes successifs.
Ce texte est important. Il va orienter et soutenir les positions de la CSC bruxelloise pendant les quatre prochaines années. La CSC bruxelloise s’engage à s’attaquer résolument aux inégalités à Bruxelles.
Johan Fobelets, vice-président du CRB, résume les résolutions prises en termes d’emploi. Pour s’attaquer au chômage et à la pauvreté, «Le congrès bruxellois demande de mettre la redistribution du temps de travail à l’agenda syndical via la réduction du temps de travail sans perte de salaire et l’obligation d’embauche compensatoire. Le congrès se prononce aussi en faveur d’entreprises qui permettent l’épanouissement familial. Il demande plus de lieux d’accueil pour les enfants en bas âge, plus d’écoles, avec une priorité entre autre aux écoles bilingues ou en immersion… Il se prononce résolument pour la diversité et contre les discriminations. Il propose d’installer des quotas d’engagement temporaires pour lutter contre les discriminations. Il veut aussi encourager l’engagement de Bruxellois à Bruxelles. La CSC bruxelloise prend aussi position en faveur des personnes sans papiers qui sont pour elle des travailleurs sans papiers. Notre congrès a voté en faveur d’une revendication révolutionnaire: en cas de régularisation d’un travail, nous voulons également qu’un permis de séjour soit accordé. Avec cela, nous irons sur les barricades pour la création de vrais jobs et la véritable défense des travailleurs sans papiers. Nous voulons aussi réaliser concrètement la transition vers l’économie verte. Chaque entreprise bruxelloise doit proposer un plan de transition. Il faut aussi s’attaquer urgemment à la construction de l’économie sociale où Bruxelles est très à la traine. Dans les prochains mois, nous allons construire plus que jamais notre projet pour un syndicalisme urbain à Bruxelles, afin de nous attaquer aux injustices». Désormais, la Région bruxelloise devra compter sur «plus de CSC dans Bruxelles, et plus de Bruxelles dans la CSC».