Les femmes plus vulnérables en période de crise

La CSC, avec d’autres syndicats belges et internationaux, se mobilise en ce moment sur cette question de la violence sexiste sur le lieu de travail. L’objectif est l’adoption, peut-être en juin 2018, d’une toute première convention internationale sur le sujet.
Une convention et une recommandation de l’Organisation internationale du travail (OIT) seraient en effet un signal fort pour rappeler, à l’échelle de la planète, que la violence n’a pas sa place au travail et que le monde des entreprises doit lutter contre ce fléau, notamment via des conventions collectives à négocier entre employeurs et travailleurs.
Le sujet est particulièrement aigu dans certaines parties du monde encore fort imprégnées de culture machiste. Mais le problème concerne aussi l’Europe. En novembre dernier, une conférence de la Confédération européenne des syndicats (CES) faisait le point sur les stratégies syndicales à mener pour prévenir et éliminer les violences faites aux femmes.
Patricia Biard, responsable nationale des Femmes CSC, a participé à cette conférence. Pour elle, ce n’est pas un hasard si ce sujet, vieux comme le monde, revient à l’avant-plan: «La crise que l’on connait, et les mesures d’austérité qui touchent beaucoup les femmes, renforcent les risques de violence sexiste dans et en dehors du travail» affirme-t-elle.
Elle explique: «Lorsque le travail se fait rare et de plus en plus précaire, une femme osera moins s’opposer à un collègue violent, par peur de perdre son emploi ou d’autres représailles, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur son état de santé et sur la qualité de son travail. La question des horaires hyper-flexibles et des déplacements domicile-travail en dehors des heures habituelles est aussi un facteur de risque. Nous avons aussi des témoignages de femmes qui se retrouvent sans revenus, exclues du chômage et totalement dépendantes d’un conjoint violent. Le fait d’être victime de violences dans la sphère familiale est d’ailleurs une grande difficulté supplémentaire pour celles qui cherchent à se réinsérer. Leur isolement et leur souffrance sont souvent énormes
À l’échelon européen comme à l’échelon international, il y a donc clairement une volonté des syndicats de faire progresser les mentalités sur cette question, et d’agir concrètement. Les organisations syndicales sont encouragées à prendre un maximum d’initiatives, à l’instar de ce que fait la CSC-Alimentation et services. Le sujet sera également le principal point à l’ordre du jour de la Conférence syndicale mondiale des femmes, en octobre prochain, où la CSC sera représentée par plusieurs déléguées.
Si les syndicats aux quatre coins du monde unissent leurs efforts, il y a une chance de voir régresser la violence à l’égard des femmes, cette violation des droits humains la plus répandue et la plus tolérée par la société.

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