Vous êtes une femme

ACV bord spaghetti
Les mesures gouvernementales touchent les hommes et les femmes mais, lors des assainissements précédents,  nous avons constaté que les femmes étaient souvent plus lourdement touchées. Est-ce également le cas cette fois-ci ? On pourrait ne pas le croire si l’on lit les bonnes intentions qui figurent dans le volet ‘dimension genre’ de l’accord de gouvernement. Le gouvernement va intégrer cette dimension dans chaque domaine politique, en vue d’éliminer les différences entre les hommes et les femmes. Même chose pour les réformes socioéconomiques. Il dit aussi qu’il sera attentif à la conciliation entre le travail et la vie familiale. N’est-ce pas magnifique ? Surtout de la part d’un gouvernement majoritairement masculin. Il nous reste toutefois à vérifier dans quelle mesure ces belles intentions se reflètent dans les  mesures concrètes. Cette vérification est évidemment incomplète. Pour être parfaite, elle devrait passer en revue chaque élément de l’accord de gouvernement.  N’hésitez pas à parcourir tous les profils et à examiner les aspects liés au genre. Soyez particulièrement attentif au profil des travailleurs à temps partiel avec allocation complémentaire car les femmes seront les principales victimes.

Mesures lourdes touchant les travailleurs à temps partiel avec allocation complémentaire (79% de femmes)

  • L’allocation complémentaire (AGR) pour les chômeurs involontaires est fortement réduite pour les isolés et les cohabitants (avec une plus grande proportion de femmes)
  • Après 2 ans, cette allocation réduite est encore diminuée de moitié 
  • Saut d’index de 2% 
  • La réduction fiscale pour l’AGR est progressivement vidée de sa substance (plus d’indexation) 

Combinaison plus difficile entre travail et vie familiale

  • Davantage de flexibilité du temps de travail, en raison des fortes variations de la durée du travail sur l’ensemble de l’année (annualisation) à la demande de l’employeur 
  • Instauration éventuelle d’un compte carrière pour épargner du temps ou du salaire à utiliser ultérieurement : pour l’interruption de carrière des femmes et le départ anticipé des hommes ?   Sans oublier la suppression éventuelle du crédit-temps et de l’interruption de carrière
  • Suppression de l’allocation pour le crédit-temps qui n’est pas pris pour les motifs reconnus de soins (et de formation ?) 
  • Dans ce cas, maintien provisoire du droit à l’égard de l’employeur (sans allocation), mais plus d’assimilation pour la pension  
  • Suppression des emplois de fin de carrière en-dessous de 60 ans et suppression des exceptions en dessous de 55 ans (notamment pour le personnel infirmier et soignant dans les institutions de soins)  
  • Obligation d’accepter un emploi situé à plus de 60 km du domicile  
  • Pour le personnel de la fonction publique, alignement de l’interruption de carrière sur le crédit-temps; l’allocation est donc supprimée en l’absence de motif reconnu  

Sanctions contre les carrières incomplètes (concerne davantage les femmes que les hommes)

  • Les périodes de  non-activité pour cause de chômage, de RCC ou d’emploi de fin de carrière sont moins prises en compte pour la pension  
  • Le crédit-temps sans motif (sans allocation) n’est plus assimilé pour la pension 
  • Les conditions de carrière pour la pension anticipée sont renforcées et portées de 40 à 42 ans (uniquement  à partir de 63 ans à l’avenir) 
  • Les conditions de carrière pour les exceptions à partir de 60 et 61 ans sont renforcées, et portées à respectivement 44 ans pour un départ à 60 ans et 43 ans pour un départ à 61 ans 
  • On annonce une nouvelle limitation des périodes assimilées et des régimes similaires pour le secteur privé, le secteur public et les indépendants.

Nouvelle limitation des droits dits ‘dérivés’

  • Poursuite du démantèlement de la pension de survie en dessous de  60 ans au lieu de 55 ans (à partir de 2025) et remplacement par une allocation transitoire temporaire de l’ONEm, avec accès ensuite aux allocations de chômage 
  • Poursuite de la réforme de la pension de survie à partir de  2030
  • Réforme de la pension de divorce à partir de 2030
  • Révision de la pension de ménage (75% du salaire actuel au lieu de 60%)  
  • Le gouvernement veut aussi réfléchir à l’idée d’un partage des droits à la pension :le partenaire qui interrompt sa carrière ou réduit sa durée du travail (généralement la femme) pourrait obtenir le transfert d’une partie des droits de pension que l’autre partenaire constitue
  • Plus grande égalité de traitement entre les couples mariés et les cohabitants légaux