La pauvreté augmente, la colère monte

«Parce que l’égalité est meilleure pour tous, nous disons stop aux politiques d’appauvrissement.» Tel était le message délivré par plus de 2.000 personnes à Namur à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la pauvreté.
Le 17 octobre, 2.000 personnes étaient présentent pour dénoncer publiquement la pauvreté grandissante de nombreux concitoyens. Une invitation lancée cet été mais qui a pris encore plus de sens depuis l’annonce des mesures antisociales contenues dans l’accord du gouvernement Michel.
Dans la foule, beaucoup de sans-emploi, de jeunes sans revenus, de petits pensionnés, mais aussi des travailleurs actifs, venus en solidarité et pour exprimer leur inquiétude quant à leur avenir et celui des jeunes générations. «De plus en plus de gens sont dans une impasse: pas de boulot, de moins en moins de revenus, beaucoup de détresse et de solitude, et un avenir de plus en plus plombé. Ils doivent savoir que se mobiliser pour essayer de faire bouger les choses, c’est important, ne serait-ce que pour garder sa dignité» explique avec beaucoup de conviction cette pensionnée qui milite aujourd’hui chez les Seniors de la CSC.

Travaux d’intérêt général

Que pensent les premiers intéressés de cette mesure au menu du nouveau gouvernement, à savoir l’instauration d’un service communautaire obligatoire pour les chômeurs de longue durée, à raison de deux demi-jours par semaine? Maria, chômeuse dans la province de Luxembourg: «Au départ, j’étais plutôt contente d’apprendre que j’allais enfin pouvoir travailler, me sentir utile, revoir des gens. Puis j’ai cru comprendre que ce ne serait pas considéré comme un contrat de travail et qu’en plus, ça risque de détruire des emplois communaux. Je suis nettement moins enthousiaste» confie-t-elle.
Bernard, militant à Charleroi, a résumé le point de vue des Travailleurs sans emploi (TSE) de la CSC: «On a mis en avant le chômeur suspect en 2004 avec les contrôles de l’Onem. On a renforcé l’image du chômeur profiteur avec la dégressivité accrue en 2012. Aujourd’hui, on touche le fond avec les travaux d’intérêt général qui nous associent à l’image d’un chômeur délinquant. Cette mesure sert à flatter une partie de l’électorat qui pense que le chômeur est fainéant. Mais cela occulte les causes du chômage et les pistes de solution véritable

Mais quelles sont ces solutions? Les TSE en proposent quatre en priorité:

  • Chasser les effets d’aubaine et recentrer les aides à l’emploi sur la création d’emplois convenables, en s’inspirant notamment de la philosophie du Maribel social. Tout le contraire, donc, du «chèque en blanc» de 4 milliards d’euros offert aux employeurs par le gouvernement Michel!
  • Développer de véritables emplois de proximité pour répondre à des besoins collectifs. Tout à fait autre chose, donc, que les travaux d’intérêt général!
  • Mieux organiser le temps de travail afin de permettre aux travailleurs âgés de lever le pied en donnant des opportunités d’emploi aux moins âgés. Tout le contraire de la suppression du crédit-temps et de l’augmentation de l’âge de la pension!
  • Enfin, financer la création de 150.000 emplois par le biais d’un impôt de 1% sur les grosses fortunes. A l’opposé du gouvernement Michel Ier qui a décidé d’épargner les nantis…