Nous n’avons pas attendu la date fatidique avant de réagir

Pedro Rodriguez

Pedro Rodriguez, responsable national des TSE, nous explique pourquoi il faut participer à l'action du 30 janvier à Charleroi

Face à cette hécatombe sociale annoncée, qu’a fait la CSC ? 
Pedro Rodriguez : Nous n’avons pas attendu la date fatidique du 1er janvier 2015 avant de réagir. Depuis novembre 2011, nous dénonçons les mesures iniques à l’égard des chômeurs mises en place d’abord par le gouvernement Di Rupo, puis Michel. Nous avons multiplié les interpellations politiques, les manifestations ou autres actions sur la place publique. En moyenne, une action/sensibilisation par mois a été menée par les TSE depuis 3 ans. Nous avons aussi mis beaucoup d’énergie et de moyens dans l’information de nos affiliés menacés d’exclusion.
Qui a participé - et participera ce 30 janvier - à ces actions et manifestations? 
Nous avons rassemblé à travers ces actions pas mal de demandeurs d’emploi, mais aussi d’autres publics : jeunes en formation, travailleurs en CDI,  intérimaires,  temps partiel, pré-pensionnés… Beaucoup de temps a été consacré à l’information, aux échanges, à la sensibilisation… sur le danger de ces mesures, qui, indirectement, touchent également travailleurs. Est-il nécessaire de rappeler que «plus la file des chômeurs est longue aux portes de l’entreprise, plus la pression est forte sur les travailleurs»? Ce message a été largement diffusé également dans les entreprises via nos délégués. 
Quel est votre message aujourd’hui ? 
Nous demandons à ceux qui nous gouvernent de revenir sur leurs décisions et de faire  le choix de la  cohésion sociale plutôt que celui de l’exclusion et du désespoir social. Au-delà des clivages politiques gauche-droite, nous leur demandons de mettre fin à ces reculs sociaux contre-productifs et de s’attaquer en priorité au défi de l’emploi. Il y a une offre d’emploi du Forem ou d’Actiris pour 30 à 40 demandeurs d’emploi selon les régions. Et on est encore occupés à diminuer l’emploi disponible en réduisant le crédit-temps, en reportant l’âge de la pension ou en réduisant l’emploi public. Il faut absolument remettre à plat les politiques d’emploi pour s’attaquer au manque d’emplois, au chômage structurel et aux véritables causes du chômage.

Le désespoir social, en quelques chiffres

  • 30.000 exclusions programmées à partir de ce 1er janvier 2015, dont une majorité de femmes
  • 12.700 jeunes privés de l’accès aux allocations d’insertion en 2015
  • 62.500 sanctions ONEM prononcées en 2014. Un chiffre record qui sera battu en 2015 ?
  • Après Bruxelles, Charleroi, Liège et Mons sont les fédérations CSC dont les affiliés sont les plus touchés par la limitation des allocations d’insertion dans le temps
  • 62% des exclus sont wallons, pour 17% de flamands…