« Une Europe plus juste pour les travailleurs »

Ils sont venus de Belgique, France, Espagne, Italie, Hongrie, Autriche et ont défilé dans les rues de Bruxelles, à l’appel de la Confédération des syndicats européen (CES), ce vendredi 26 avril pour réclamer une Europe plus juste, au service des citoyens… et des travailleurs. 
Un dumping social qui met en concurrence les travailleurs les uns par rapport aux autres. Des discours et des gouvernements ouvertement populistes. Des règles qui encouragent l'évasion et la fraude fiscale et qui, se faisant, empêchent l’Europe de se doter des gigantesques moyens qui permettraient de financer la transition écologique, la lutte contre le dumping ou encore les investissements d'infrastructures. 
POUR des salaires décents, des emplois de qualité et de meilleures conditions de travail pour tous en Europe. 
L’économie de plateforme et la numérisation ne doivent pas servir de prétexte pour affaiblir le statut des travailleurs. L’Europe doit prendre des initiatives pour mettre fin à l’augmentation des formes de travail et aux contrats précaires et favoriser l’accès des citoyens à des emplois de qualité, c’est-à-dire, entre autres, avec de bons salaires et de bonnes conditions de travail, une sécurité d’emploi et un accès à la protection sociale. «Au-delà du salaire égal, les travailleurs détachés doivent également pouvoir profiter de tous les avantages inhérents au Fonds de sécurité d’existence de leur secteur, comme le second pilier de pension par exemple» déclare Pierre Cuppens, secrétaire général de la CSC-BIE. «Cela aussi fait partie intégrante du salaire des travailleurs».
POUR des règles sociales et fiscales équitables et justes dans toute l’Europe. 
La politique fiscale est une compétence exclusive des Etats membres. Un terrain de jeu équitable en matière de règles fiscales est nécessaire si l’on veut rééquilibrer le manque à gagner pour les Etats provoquée par la libre circulation des flux financiers et la concurrence fiscale déloyale. Cela devrait passer, entre autres, par un taux minimum de taxation des dividendes, la restriction des paradis fiscaux européens et une taxe sur les transactions financières. Pour Renaat Hanssens, économiste au service d’étude de la CSC, «Une harmonisation européenne est encore utopique mais une assiette commune pour l’impôt des sociétés et une fourchette obligatoire pour les tarifs de l'impôt des sociétés afin de limiter la concurrence fiscale vers le bas seraient déjà un grand pas en avant. Cela permettrait de taxer de façon plus juste les profits des entreprises et de diminuer la pression fiscale individuelle sur la population. Tout le monde, entreprises incluses, doit contribuer de façon juste aux revenus des Etats»
POUR une transition socialement juste et équitable 
Pour François Sana, collaborateur au service d’étude de la CSC, «Il faut anticiper les changements et préparer la reconversion des travailleurs aux nouveaux métiers issus de la transition qui est potentiellement créatrice de nombreux emplois de qualité».  
L’Union européenne doit donc fournir plus de ressources pour permettre la formation et l’accompagnement des travailleurs vers les nouveaux emplois liés à la numérisation ou à la transition écologique et énergétique. L’Europe doit également mobiliser plus de ressources pour financer et investir dans la transition, atteindre les objectifs de Paris et créer des emplois décents. 
POUR une Europe tolérante et démocratique 
La démocratie en entreprise est un élément essentiel d’une démocratie saine. Les droits des travailleurs à être informés et consultés dans les organes européens doivent être renforcés à tous les niveaux et un cadre juridique doit être mis en place pour conclure des accords d’entreprise européens. «Il y a une corrélation claire entre la démocratie dans les entreprises et l’attitude générale des travailleurs envers la démocratie» constate Karin Debroey, service international de la CSC. «La participation sur le lieu de travail permet aux travailleurs de se sentir moins impuissants et de comprendre qu’il existe de leviers pour transformer les choses : ils votent de ce fait beaucoup moins pour des partis anti-démocratiques comme l’extrême droite».
Les manifestants, à travers leurs calicots exigeant une Europe plus juste pour les travailleurs ont réclamé que l’Europe s’engage à mieux protéger et sécuriser ses travailleurs et à faire primer les droits sociaux et fondamentaux sur les libertés économiques. 
«Ces élections européennes sont les plus importantes que nous ayons connues au cours de ces dernières décennies » a affirmé Luca Visentini, le secrétaire général de la CES, en clôture de la manifestation «et nous invitons tous les citoyens à voter pour les candidats et les partis qui se battront pour une Europe plus juste pour les travailleurs. Ne nous laissons pas berner par les partis d’extrême droite, antieuropéens et souverainistes – ils ne proposent aucune solution aux problèmes auxquels les travailleurs sont confrontés aujourd’hui.  Nous appelons tous les partis démocratiques à s’engager pour créer une Europe plus juste, plus sociale et plus durable dans les cinq années à venir.»