Tax Justice Day: Ils profitent, vous payez…

De nombreuses multinationales installées en Belgique paient à peine 0,01% d’impôts. Or, dans notre pays, le taux officiel d’imposition des entreprises est de 33,99%. Le gouvernement ferme les yeux. Et ce sont les citoyens qui paient la différence!
La lutte contre la fraude fiscale pourrait rapporter 20 milliards d’euros à la Belgique. Il suffirait que le gouvernement veuille accorder les moyens nécessaires à la lutte contre la fraude fiscale et qu’il soit aussi vigilant avec les multinationales qu’il l’est avec les travailleurs et les allocataires sociaux. Ceux-ci doivent payer leurs contributions et sont sanctionnés s’ils ne le font pas. C’est normal. Ce qui ne l’est pas, c’est que le gouvernement se montre beaucoup plus coulant vis-à-vis des multinationales. 
Normalement, comme toutes les entreprises belges, elles sont soumises à une taxation au taux officiel de 33,99%. Pourtant, la plupart d’entre elles ne paient que 0,01%. Grâce à des montages financiers et des sociétés écrans, elles parviennent à dissimuler leurs bénéfices et leurs revenus. Les Etats auraient tout intérêt à les taxer davantage mais ils ferment les yeux pour attirer les investisseurs… bien souvent sans aucune exigence en termes de création d’emplois.

Soins infirmiers, crèches… 

Avec l’argent qui s’évapore ainsi, il serait possible d’améliorer sensiblement les conditions de vie de l’ensemble des citoyens. C’est ce que le Réseau pour la justice fiscale (RJF) et son homologue flamand (Financieel Actie Netwerk)ont une nouvelle fois montré lors de la septième édition du «Tax Justice Day», journée de la justice fiscale. Le RJF réunit la CSC, les deux autres syndicats et une trentaine d’organisations. Le jeudi 8 juin, de 6h30 à 9h, des militants des deux réseaux se sont rendus à la rencontre des navetteurs dans les gares de Bruxelles-Nord, Bruxelles-Midi, Charleroi-Sud, Liège-Guillemins, Tournai, Namur, Marloie et Verviers-Central et dans plusieurs gares flamandes. Leur message n’est pas passé inaperçu:
  • AB-INBEV, une multinationale florissante, paie des impôts au taux de 0,01%. Ses actionnaires ont augmenté leurs dividendes de 314.157.116 euros. Avec cet argent, on aurait pu recruter 6.283 infirmières.
  • Engie Electrabel encaisse un bénéfice de 427.466.100 euros. Au taux d’imposition ordinaire, l’entreprise paierait 145.361.974 euros. L’Etat a encaissé 8.048.000 euros, soit un taux d’imposition de 1,9%. Avec la différence, 4.577 places de crèches auraient pu être financées. 

Trop peu de contrôleurs

Les actionnaires et les spéculateurs se livrent donc à un jeu cynique avec la complicité des banques et grâce au laisser-faire des Etats. Ils gagnent, qui perd? La grande majorité de la population! En effet, l’argent qui s’envole vers les paradis fiscaux ne peut pas être utilisé pour financer les services à la population, la sécurité sociale, la création d’emplois de qualité.
Le message de la CSC et de l’ensemble du RJF est très clair: L’Etat doit arrêter de faire des économies sur le dos de la population. La lutte contre la fraude fiscale est la seule solution pour combler le déficit budgétaire. On est loin du compte… Le 29 mai dernier, les agents du SPF Finances étaient en grève pour dénoncer notamment le manque de personnel dans les services de contrôle. Ce manque d’effectifs constitue une aubaine pour les grands fraudeurs. La CSC et l’ensemble du RJF ne veulent plus payer à leur place. Ils exigent donc plus de transparence, première étape indispensable dans la lutte contre l’évasion fiscale.