Considérer les jeunes apprenants à leur juste valeur

En Wallonie, la formation en alternance (à temps partiel à l’école ou en centre de formation et à temps partiel en entreprise) semble faire l’unanimité. C’est en effet une formation porteuse d’emploi, surtout dans les filières techniques en pénurie. Le Pacte wallon pour l’emploi et la formation prévoit d’ailleurs d’en faire «une véritable filière d’excellence». 
Les représentants des employeurs se sont engagés à doubler le nombre de places des apprenants dans les entreprises, de 10.000 à 20.000. Le gouvernement a mis 2 millions d’euros sur la table pour contribuer au financement de la mesure. Le Pacte prévoit en effet «la perspective d’abandonner le système de prime au jeune en fonction de sa réussite au profit d’une progression de la rétribution du jeune en contrat d’alternance, spécialement lors de la dernière année de stage».

Les jeunes Flamands gagnent en 3 ans 4780 euros de plus!

Le gouvernement nous a chargés de nous entendre sur cette rétribution entre interlocuteurs sociaux. Tout semblait devoir être prêt pour la rentrée de septembre prochain. Mais tout à coup, les patrons ont bloqué le dossier. Comme syndicats, nous leur avons demandé de rapprocher la rétribution des apprenants wallons de celle de leurs collègues flamands.
La différence est considérable: en trois ans, les jeunes Flamands gagnent 4.780 euros de plus que les jeunes Wallons! Notre proposition représente une hausse budgétaire totale de 3,58 millions. Le gouvernement en a pris 2 en charge. Reste aux employeurs à débourser 1,58 million, soit 13 euros par mois pour les jeunes en deuxième année et 35 euros par mois pour les jeunes en troisième année. On ne peut pas dire que ce soit une montagne! Pourtant, les patrons refusent et campent sur leur position rigide et dogmatique, incompréhensible.
Nous leur demandons de mettre très vite leurs paroles et leurs actes en harmonie, et de considérer enfin le travail des jeunes apprenants à sa juste valeur.
Marc Becker,
secrétaire national
en charge des affaires wallonnes
Edito de l'Info CSC du 24 mars 2017 à consulter ici