Clôture du congrès du CRB

«Il faut trouver un modèle de cohésion sociale»

Le congrès de la CSC bruxelloise s’est conclu sur la volonté de continuer la lutte contre la polarisation qui caractérise la Région et est renforcée par les effets néfastes de la politique asociale du gouvernement fédéral.

«Quel qu’il soit, l’avenir n’est pas inscrit dans les étoiles parce que c’est vous qui construisez l’avenir. Il n’appartient pas aux élites économiques et financières. Il ne traduit pas le projet des recettes néolibérales ni les fantasmes des nationalistes cupides. Ce sont les gens ordinaires qui construisent l’avenir jour après jour, ainsi que les organisations qui les représentent. Dans cette magnifique Région et au-delà. L’avenir n’est pas écrit. Un autre avenir est possible» a scandé Marc Leemans, président de la CSC, en clôturant le deuxième congrès de la CSC bruxelloise.

Bossemans et Coppenolle
S’inscrivant en faux contre les propos du président des USA, Donald Trump, Marc Leemans a souligné la fierté que peuvent ressentir les femmes et les hommes qui vivent et travaillent à Bruxelles: «Fierté de la solidarité qui s’est manifestée après les attentats du 22 mars 2016, fierté de la manière dont la Région a gardé la tête froide lors de la récente crise politique, fierté de la concertation sociale qui s’est mise en place,…»
Pour autant, tout n’est pas rose dans une Région marquée par de profonds contrastes. Bruxelles est la ville la plus cosmopolite d’Europe, et une des villes les plus cosmopolites du monde: «Cela fait partie de ses gênes depuis qu’elle a acquis le statut de ville et capitale des ducs de Brabant, puis des Pays-Bas. Il faut trouver un modèle de cohésion sociale qui ne sera sans doute pas le ‘half en half’ à la Bossemans et Coppenolle, mais ne sera pas non plus la simple juxtaposition de ghettos. Les attentats de 2016 ont montré que ce modèle de cohabitation est fragile, doit être sans cesse remis sur le métier, souligne Paul Palsterman, secrétaire régional bruxellois de la CSC. Pour affronter tous ces défis, Bruxelles peut mobiliser la grande richesse de sa vie associative, y compris au sein des organisations syndicales. Nous voyons germer, petit à petit, un modèle de concertation sociale auquel la CSC souhaite dire qu’elle croit et s’investira à fond pour le faire réussir.»

Halte à la polarisation
Au passage, il regrette l’état de déliquescence de la concertation sociale que provoquent les politiques du gouvernement fédéral. Une préoccupation largement partagée par le président de la CSC: «Au fédéral, c’est l’énergie du désespoir qui nous anime. Parce que si Bruxelles est un foyer d’oppositions entre riches et pauvres, l’autorité fédérale semble renforcer cette polarisation, non pas comme l’effet involontaire d’une politique stupide, mais bien suite à un choix politique mûrement réfléchi. L’accord conclu cet été risque encore d’aggraver la situation. Nous avions espéré qu’en plus du travail que nous avions réalisé grâce à la liaison des allocations au bien-être, un progrès significatif pourrait enfin être réalisé afin de revaloriser les minimas de la sécurité sociale et de l’assistance sociale. Mais tout cela a été raboté avec la même énergie que celle qui sert aujourd’hui à démanteler la taxe sur les comptes-titres. En matière de fiscalité, c’est le même topo.» 
Marc Leemans rappelle aussi l’inquiétude de la CSC pour l’avenir de la sécurité sociale et son combat contre les flexi-jobs et contre le démantèlement de notre système de pension auquel le ministre Bacquelaine s’attaque avec opiniâtreté. Et il conclut: «Nous avons promis cinq années d’opposition. Cette promesse, nous allons la tenir. Mais nous soumettrons également au gouvernement nos alternatives pour une meilleure politique. Et nous continuerons de tout mettre en œuvre pour ne pas subir cinq années de plus d’une politique de droite, stupide et asociale.»